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 Excuse-moi - Nouvelle 01

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Dusky
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MessageSujet: Excuse-moi - Nouvelle 01   Dim 4 Juin - 13:39

J'étais le genre de fille à ne pas comprendre grand chose de la vie. Le genre de fille à se poser des questions continuellement. Du style "Et si tout ce bordel n'était qu'un rêve ? Et si, au fond, nous n'étions que des bouteilles d'eau en plastique ? Et si nous n'étions que des animaux captifs d'un zoo grandeur nature ?". Bref, des questions, toujours des questions. Des questions encore et encore. Mais les réponses ne se montraient pas. Elles restaient cachées, dans un trou que je ne pouvais atteindre.

Je m'appelais Sibylle. J'étais une fille banale de quatorze étés. J'aimais écrire sur tout et n'importe quoi, traitant n'importe quel sujet qui effleurait mon pauvre esprit volatile et puéril. J'espérais tout et n'importe quoi. J'espérais voir un prince charmant un jour frapper à ma porte. J'espérais exercer le métier qui me fait tant rêver. J'espérais pouvoir comprendre ce que 42 voulait dire quand on évoquait LA réponse à LA question de LA vie. Mais 42 quoi ? 42 balais ? 42 genoux ? 42 yeux ? 42 personnalités ? 42 langues ? 42 verres ? Oulah, je divaguai un peu trop. Je m'emballais trop, aussi. Mais le pire était que j'étais totalement différente en fonction des endroits où j'allais. Tantôt j'étais calme et discrète, tantôt totalement barrée et racontait n'importe quoi. En fait, non. Ce n'était pas j'étais mais avec qui j'étais. Voilà une belle nuance. J'aimais beaucoup les nuances. Elles étaient drôle à faire remarquer.

Aujourd'hui, j'étais partie faire une de mes quotidiennes balades à vélo. Mais un facteur exceptionnel changeait ma routine. Teddy, alias Theodore, m'accompagnait. C'était un bon pote à moi. Pote dont j'étais secrètement amoureuse. Il était spécial, Teddy. Non pas que je le considérais comme mon âme-sœur ou une connerie fantasque auxquelles je croyais encore, mais il était, disons... peu commun. Son mental avait quelque chose que je ne pouvais nier. Quelque chose qui m'intriguait et me poussait à vouloir en apprendre plus sur lui. Un sentiment qui m'attirait vers lui tel un aimant attire le métal.

Je lui proposai une course chronométrée. J'aimais bien les défis, tout comme lui, alors il accepta rapidement. Il commença en s'auto-chronométrant car il était le seul de nous deux à avoir pris son téléphone portable. Et qui dit téléphone portable dit chrono, alors il commença.
Dès que j'entendis son cri me disant de descendre la grande pente, je commençai à pédaler. Cette pente, je l'avais descendue des milliers de fois. Je savais que je devais mettre la vitesse 7 de mon vélo et pédaler sans relâche jusqu'en bas. Et ce fut ce que je fis. Le seul moment "dangereux" dans cette pente était une route cachée par des arbres. Enfin, "route" non. "Chaussée" était le terme correct pour définir cette voie automobile. Mais personne n'y passait alors je ne faisait pas trop attention quand je passais devant. Et voilà mon erreur.

Pour une fois, il y avait une bagnole qui roulait là. Je l'entendais, mais ne la voyait pas, alors je continuai mon chemin. Étant trop concentrée sur la ligne d'arrivée, je ne vis pas la citroën picasso bleue métallique foncer sur moi à 70 km/h. Un coup de klaxon déchirant retentit avant... Avant je ne savais pas trop quoi, d'ailleurs. Je ne voyais plus rien, j'étais paralysée, comme en apathie. J'étais perdue dans ce noir complet ou je en sentais qu'un sol dur et froid réchauffé par un liquide poisseux. J'entendais des cris. Mon prénom. J'entendais beaucoup de choses. Je croyais que ça venait de Teddy. En fait, ça venait de Teddy. Il était au téléphone en même temps. Pourquoi ce n'était pas le chauffeur qui appelait les urgences pendant que Teddy s'occupait de moi, comme dans les films américains ? Vous savez, dans ces films où la fille est dans le coma et que seul son unique et tendre amour peut le sauver ? Dans ces films où le héro prend celle qu'il aime dans ses bras avant de pleurer toutes les larmes de son corps et de l'embrasser afin qu'elle se réveille ?

Mais la vérité était que le conducteur de la picasso s'était cassé, sans rien dire. Délit de fuite. Et Teddy essayait de me sauver. Mais non, mon cher. J'étais en léthargie et tu ne pouvais rien y faire. Enfin, pas vraiment en léthargie, dans le coma, plutôt. Mais il faut avouer que c'était un bien plus beau mot que "coma". Léthargie sonnait comme une douce poésie dans mes oreilles meurtries.
Les dernières choses que j'entendis fut le son strident des sirènes et les supplications de Teddy me disant de m'accrocher à la vie.

Je me réveillai dans une pièce totalement noire. Combien de temps s'était-il passé entre l'accident et maintenant ? Et où étais-je ?
Comme avant, j'entendais des voix. Des voix de gens. Celle de Teddy. De mes parents. De mes deux frères. Celle de ma meilleure amie, aussi. Juliette. J'adorai Juliette. Je savais tout d'elle et elle de moi. Enfin, presque. Elle ne savait pas que j'aimais Teddy.
-Et Kyle ? demanda Ted'.
-Avec Lorie. répondit Juliette.
-Donc son meilleur ami ne va pas faire le putain de déplacement juste parce qu'il est avec sa copine ?!
-Exactement.
Un lourd silence s'installa. Je ne comprenais pas. J'étais donc bel et bien morte ? Jamais je ne reverrai mes amis et ma famille ? Jamais je ne deviendrai celle que j'aurai voulu être ? Mais non... Un raclement de chaise se fit entendre. Puis des pas. Ceux de ma mère. Elle murmura quelque chose que je ne compris pas avant de s'éloigner. Non ! Elle ne pouvait pas partir ! Elle ne pouvait pas m'abandonner. D'autres chaises raclèrent le sol, d'autres pas se firent entendre et la porte s'ouvrit avant de se refermer quelques secondes plus tard.
La voix de Juliette rompit le silence.
-Tu l'aimes ?
-De qui ? demanda Theodore.
-Sibylle, espèce d'idiot.
-Je... C'est confus dans ma tête... Tout s'est passé si vite et j'ai eu si peur... Peur de ne plus jamais revoir son sourire, ou ses yeux pétiller de malice. Peur de ne plus jamais entendre ses idées totalement fantasques... J'en sais foutrement rien, Juliette.
-Tu l'aimes. Et elle aussi elle t'aime. Elle ne me l'a jamais dit ouvertement, mais je le vois. Quand elle parle de toi, ses yeux brillent d'un autre éclat.
Je sentis une masse de chaleur au niveau de ma main gauche. Des doigts s'entremêler aux miens. Je me sentais faible et vulnérable. Je ne savais si je pourrais survivre. Je sentis une larme tomber et glisser sur ma main.
-Mais tu vois, Juliette, dit Theodore d'une voix meurtrie, je ne pense pas que je reverrai cet éclat. Même si elle s'en sortait, Sibylle en gardera les séquelles...
Cet éclat si beau et si précieux dans ses yeux bleus-verts ne brillera jamais plus comme avant. Son sourire ne sera plus aussi authentique. Et puis, regarde la. Elle ne pourra plus jamais marcher. Tu ne peux pas savoir comment je m'en veux, Juliette. Tout est de ma faute. Si je n'avais pas accepté ce foutu défi, elle serait encore là, à bouder parce que je n'ai pas voulu me mesurer à elle. Boudeuse mais en vie.
-Ce n'est pas ta faute, Theodore. Et tu sais très bien qu'on ne peut plus rien changer. D'ailleurs, j'ai déjà lu un bouquin là dessus. À ce qu'il parait, elle t'entend ou une connerie du genre. Alors vas-y. Parle-lui.
Et elle sortit de la pièce. Teddy toussa avant de prendre la parole d'une voix hésitante.
-Bon... Si ça tombe, je fais tout ça pour rien, mais je pense que ça pourra  m'aider à relativiser la situation...
Je t'aime, Sibylle. Je n'en doute plus maintenant. Je ne vois pas pourquoi je ne m'en étais pas rendu compte avant. Je t'en prie, accroche toi à la vie. Accroche toi de toutes tes forces. Pour toi, pour ta famille, pour Juliette, pour Kyle, pour tes potes...
Ses sanglots l'ayant coupé, il fallut qu'un ange passe avant qu'il ne reprenne la parole.
-Pour moi..
Mais si tu ne veux pas, je comprendrai. Tu devras apprendre à vivre en chaise roulante, arrêter tout ce que tu fais en dehors de l'école... Non, je ne peux pas te demander de rester. Ce serait trop égoïste... Fait comme tu veux, Sibylle. Mais sache que quoi que tu fasses, je ne t'abandonnerai pas. Je serai toujours là pour toi...
Je ne sais même pas si tu me diras ces paroles un jour, mais moi je t'aime Sibylle. Et quoi que tu choisisses de faire, je respecterai ce choix.

Il finit ses paroles par un tendre baiser. J'aurai pu me réveiller à ce moment là, comme dans les contes de fées... Sauf que la vie était absolument tout sauf une histoire pour les gosses. La vie, c'est quelque chose qui ne contient pas de magie. La vie, c'est les histoires de chacun mélangées pour en faire un livre. Un livre de non-fiction. Et dans ces livres-là, généralement, les gens meurent. Ils meurent et ne reviennent pas.
La porte s'ouvrit à nouveau et des pas affolés retentirent. Lily. Alors elle était venue ?
-Putain, Sibylle.
Sur ces mots, elle se précipita vers mon côté droit.
-Tu peux pas crever maintenant. Tu as encore tant à vivre, bordel ! Tu dois te réveiller, tu m'entends ?! Tu peux pas nous abandonner comme de la merde !
-Putain, Lily ! Tu ne peux pas arrêter de l'agresser verbalement ?! cria Juliette. Tu peux pas lui parler comme ça !  Je ne suis même pas sure qu'elle nous entende...
-Désolée... Mais je ne veux pas qu'elle meure !
-Nous non plus ! dit Theodore d'une voix monocorde.
Un léger blanc s'installa avant que Lily ne le brise.
-Nom d'un chien... Tu sors avec elle ? J'en étais sure ! Il se passait un truc entre vous deux !
Theodore ne répondit pas et se contenta de resserrer son emprise sur ma main. J'étais heureuse. Heureuse mais terriblement faible. Et c'était là que je le sus.
J'allai mourir.
Mourir heureuse.
Mais mourir quand même.

Alors je concentrai toutes mes forces restantes afin de serrer à mon tour la main de Teddy.
-Sibylle ? appela ce dernier.
Excuse-moi, Teddy... Et là, je fus happée par le noir intense. Je n'entendis plus rien. Ne sentis plus rien. Que le vide.
J'étais morte.
Moi, Sibylle, gosse à l'imagination débordante de 14 ans. Avec un petit ami nommé Theodore. Une meilleure amie nommée Juliette. Un meilleur ami nommé Kyle. Et un très bonne amie toujours là pour moi en cas de coup dur, je citais Lily. Ma famille... Ils étaient aussi ma famille. Une seconde famille.
J'abandonnai beaucoup.
Je le savais.
Mais je n'étais plus capable de vivre.
Pas après ce que je venais de subir.


Le bip était pourtant régulier. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Cela faisait trois jours qu'elle était dans coma. Il n'a pu la voir qu'aujourd'hui. Avant, c'était réservé à la famille.
Il sentit la main de Sibylle se resserrer sur la sienne. Il n'en revenait pas. Elle était réveillée !
-Sibylle ? l'appela-t-il doucement.
Pour toute réponse, le bip ne fit qu'une sourde note. Une note incessante. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer sous ses yeux. Plusieurs infirmières vinrent dans la chambre et leur demandèrent de partir. Non. Il voulait rester avec elle. Elle lui faisait une blague. Une très mauvaise blague. Mais elle allait se réveiller. Il en était certain.
Juliette et Lily durent s'y prendre à deux pour qu'il la lâche et laisser les personnes compétentes essayer de la réanimer. Il sentit les larmes ruisseler librement sur ses joues. Il ne voulait pas admettre qu'elle venait de le quitter. Il ne pouvait pas. Il regardait droit devant lui. Priant pour que ce ne soit qu'un mauvais rêve.
Mais la réalité était là. La vie était aussi cruelle que belle. Impitoyable. Inchangeable. Insurmontable.

Jamais.
Jamais il ne l'oublierait.
Mais il en voulait à tout le monde.
Il en voulait à Kyle de ne pas être là.
Il en voulait à ce connard de ne pas s'être arrêté.
Il en voulait à Juliette et à Lily de l'avoir fait sortir.
Il en voulait à cette putain de nature de l'avoir prise.
Il en voulait à la faucheuse pour l'avoir conduite autre part.
Il s'en voulait de ne pas lui avoir avoué ses sentiments plus tôt.

Rien ne serait comme avant.
Parler ne sera plus pareil sans elle.
Rire lui fera mal.
Plaisanter lui sera impossible
Toucher un vélo le dégouttera.
Vivre sans elle lui provoquera l'effet de recevoir un poignard dans le dos.

Mais il devait survivre. Il savait que c'était ce qu'elle aurait voulu. Il savait qu'elle lui en voudrait s'il se laissait mourir. Il savait qu'elle voudrait qu'il reconstruise sa vie et qu'il l'oublie.
Il le fera pour elle.
Juste pour elle.
Parce que c'était ce qu'elle souhaitait.
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MessageSujet: Re: Excuse-moi - Nouvelle 01   Jeu 15 Juin - 19:49

Tout ce qui est écrit ici n'est pas la réalité. Ça ne se passe pas comme ça et ces propos n'ont jamais été dits. On considère certaines personnes pour les méchants alors qu'ils ne le sont pas du tout dans le réalité. Bref, tout ce que j'ai à dire c'est que certaines personnes sont prises en grippe alors qu'il ne faudrait pas et ces personnages, bien que non inventés, ne disent et ne diront jamais les propos cité dans cette nouvelle. Bonne journée
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